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La Veritable Histoire de Sant Jordi (Saint Georges)

Encore l’occasion de tourner en dérision la fameuse légende de saint Georges… Naïfs s’abstenir!

La véritable histoire de Sant Jordi (vidéo sur Dailymotion par Bayayouyou)

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Guy Coda, entre graphisme violent et tradition expressionniste

Guy Coda est un artiste interdisciplinaire: poète, illustrateur pour enfants, philatéliste, peintre, il exprime son art dans de nombreux domaines.

Nous avons trouvé sur le blog de Bleumarie un hommage à cet artiste en juillet 2007 sous le titre « Guy Coda: un drôle d’artiste qui touche à tout… » Parmi les œuvres qu’elle présentait, nous avons trouvé une représentation très originale de Saint Georges:

Une nouvelle vision de Saint Georges, tout en restant fidèle à son iconographie:

  • fidèle par les éléments suivants: l’auréole nous précise que c’est un saint. Il est armé d’une lance. Il est à cheval et représenté dans l’action de terrasser le dragon. Tout cela fait de lui un saint chevalier
  • une nouvelle vision: la touche picturale participe beaucoup à la compréhension: le dragon est ici représenté sous forme de traînées épaisses de peinture polychrome, longues lignes qui poursuivent les courbes des jambes du cheval, des pieds de Saint Georges, de sa lance… On remarque une modification de l’iconographie: Saint Georges est représenté nu, sans ses attributs traditionnels comme l’armure, l’étendard; le cheval est noir, choix personnel, alors qu’il apparaît pour la plupart du temps, blanc.
  • l’accent est mis  sur le mouvement et non sur la reconnaissance de son identité (le bras cache le visage)

Ce Saint Georges semble en fait vouloir se dégager dans la boue dans laquelle son cheval s’est enlisé. Guy Coda s’est intéressé au côté fantastique de l’action, le paysage nébuleux et les trainées de couleurs figurant le dragon, y participant pour beaucoup.

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Saint Georges selon Robert Combas

Exposition de Robert Combas à MAC de LyonRobert Combas est un des peintres contemporains qui s’est approprié le motif de Saint Georges. Présent sur la scène artistique dès 1979, dans sa peinture, l’artiste marie différents univers : les images de la vie quotidienne, la bande dessiné, les actualités, la musique rock, les livres d’enfants, les traditions religieuses etc. L’article payant de l’encyclopédie Universalis écrit par Bernard Marcadé – critique d’art, professeur d’esthétique à l’École nationale d’arts de Cergy-Pontoise, retrace la voie artistique du peintre.

L’artiste commence à  s’intéresser à l’univers religieux à partir de 1987. Dans ses tableaux qui traitent le sujet de Saint Georges, Combas livre une version du combat entre la Foi et le Mal qui, tout en respectant la tradition iconographique liée à ce sujet, fait écho à un style dynamique proche de la bande dessinée. On peut le lire dans l’article au format PDF «Réappropriations, emprunts, citations, parodies… l’art du détournement» qui fait partie d’un dossier pédagogique de la Collection Arthotèque de Caen. Selon les auteurs de l’article, c’est un emprunt « assumé ».

Robert Combas, Saint Georges tout seul et le dragon

Robert Combas, Saint Georges tout seul et le dragon

Dans un tableau de 1994 intitulé « Saint Georges tout seul et le dragon », d’un format monumental (212 x 270cm), l’artiste présente une version de la lutte dans un style décoratif. Sur cette toile on peut observer l’envahissement des couleurs, typique du peintre. Ce « rideau de peinture », dont parle Bernard Marcadé dans l’article de l’Universalis mentionné ci-dessus, permet à l’artiste l’intégration du fond et des figures. Saint Georges, présenté ici de façon graphique (les traits de son visage) enfonce avec détermination sa lance dans la gorge du dragon, traité d’une manière ornementale – son corps se transforme en un rinceau décoratif, comme la figure de la princesse qui se trouve derrière lui et forme une arabesque.

Robert Combas, Saint Georges

Robert Combas, Saint Georges

Dans le dessin intitulé « Saint Georges » de 1994 , collection privée, Rober Combas présente une différente lecture de ce sujet – plus humoristique, voire irrévérencieuse. Saint Georges semble s’écrouler face au dragon juché sur des patins à roulettes. A gauche, on voit un bonhomme qui armé d’un couteau et de nombreux revolvers arrive à son secours. Au dessus des personnages volent des avions. Dans le centre du tableau on voit la croix qui sépare le bonhomme et le dragon et crée deux sphères différenciées par les choix stylistiques. Contrairement à la figure de Saint Georges et du dragon, les éléments contemporains et incongrus ont l’air d’être ajoutés plus tard au crayon, comme un gribouillage d’un élève sur une ancienne illustration ou un graffiti. Cette triple confrontation de l’ancien et du contemporain, du traditionnel et du burlesque, du sérieux et de l’humoristique est emblématique de Robert Combas.

L’humour et la naïveté picturale correspondent bien avec les principes du groupe Figuration Libre dont Robert Combas a été un des créateurs en 1981. Rejet de l’art intellectuel, syncrétisme, enthousiasme, inspiration puisée dans le musique rock apportent un sentiment de libération. Un autre article de l’Universalis de Bernard Marcadé aborde cette mouvance.

Pour approfondir la connaissance de la peinture de Robert Combas, on peut consulter son site officiel. De plus, actuellement, le Musée d’art contemporain à Lyon organise (du 24 février au 15 juillet 2012) une exposition « Rock on the wide size/wild side » avec la présence quotidienne de Robert Combas, qui y installe son atelier. Voici un aperçu de cet événement :

http://www.dailymotion.com/embed/video/xpg2pj


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Pierre Joubert, dessinateur au service du scoutisme

Pierre Joubert est un dessinateur français né le 27 juin 1910 à Paris et mort à La Rochelle, le 13 janvier 2002, à l’âge de 91 ans. Il est embauché très jeune comme illustrateur de revues et de romans sur le scoutisme. Passionné d’histoire, il se donne un plaisir de dessiner des scènes et personnalités du temps passé.

Le patron du scoutisme étant Saint Georges, il a souvent représenté celui-ci dans un style assez grandiloquent comme nous le montrent les images suivantes:

On peut voir ici que Joubert a repris l’iconographie traditionnelle du chevalier (croisé?) avec l’étendard sur lequel flotte le drapeau blanc à la croix rouge.

Cependant, on peut voir ci-dessous que le dessinateur a voulu donné un aspect plus historique à la représentation, avec un souci de « réalisme » dans le fait que Saint Georges n’est plus un chevalier en armure comme ceux de l’Occident, mais bien un guerrier de Cappadoce . Réappropriation de la légende par le mouvement: le scout participe à la victoire en tenant la lance avec le saint guerrier.

Pour voir d’autres dessins, voir ici et ici

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Le mythe revisité de la princesse délivrée du dragon par le beau chevalier

Voici une video parmi beaucoup d’autres, qui tourne en dérision la scène représentée principalement dans l’iconographie consacrée à Saint Georges. Cette animation a été produite par Kaszap Katinka de nationalité hongroise.

On peut retenir de cette petite animation  que l’humour porte sur:

  • La laideur de la princesse, reconnaissable seulement à sa couronne; précisons aussi qu’elle est représentée comme très brutale. Sa féminité et donc sa position de faiblesse sont effacées consciemment
  • Les éléments anachroniques comme  la cuisine dans la grotte
  • Le graphisme qui réduit Saint Georges à un casque et une armure, les membres figurés par de simples traits. De le voir galoper devant un décor, nous montre combien la mise en scène comme héros est importante
  • La réaction de la princesse lorsque le chevalier vient combattre le dragon (moment fatidique!) et la fuite de Saint Georges

Cette animation revisite avec humour la légende de Saint Georges en la centrant sur l’épisode essentiel: saint Georges terrassant le dragon. Cependant, l’issu du combat est ici bien imprévue…

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Le patron du scoutisme

Baden-Powell fonde en 1907 un mouvement pour la jeunesse britannique désoeuvrée: le scoutisme (on traduit scout par éclaireur en français).

Dans son livre Scouting for Boys, il donne les grands principes du mouvement et place celui-ci sous le patronage de Saint Georges: dans le chapitre 20 intitulé « Chivalry to Others », il dit à propos des Chevaliers de la Table Ronde, « They had as their patron saint St George, because he has the only one of all the saints who was a horseman. He is the Patron Saint of cavalry and a special saint of England. He is also the Patron Saint of Boy Scouts everywhere. Therfore,  all Scouts should know his story. »

On peut voir par cette citation que Baden-Powell inscrit St Georges dans une longue tradition de patronat: celle de l’Angleterre et de tous les chevaliers. Il est donc perçu avant tout comme un modèle de chevalier.

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Saint Georges, chevalier de l’Apocalypse

Saint Georges est avant tout un guerrier. L’iconographie traditionnelle le représente armé d’une épée ou d’une lance. Dans de nombreux cas, il est figuré à cheval: élément qui a paru important pour Pierre et André Sauzeau.

Le premier est directeur du CERCAM, professeur de grec et spécialisé en sémantique historique. Le deuxième, de formation littéraire et scientifique, s’est professionnellement intéressé aux propriétés sensorielles des objets, à la dynamique des systèmes et aux normes organisationnelles. Ses domaines d’étude actuels concernent la comparaison des systèmes sociaux et idéologiques, en particulier dans le champ indo-européen.

Ils ont collaboré pour plusieurs ouvrages dont Les chevaux colorés de l’ « Apocalypse », article tiré du tome 212 de la Revue de l’histoire des religions.

Pour eux, « Le Cavalier blanc, en particulier, a été compris comme le symbole de l’Évangile conquérant« . On s’intéresse ici à toute la valeur symbolique du cavalier, de son cheval, de ses attributs… Le cheval blanc est symbole de l’Eglise purifiée par le baptême alors que le cheval noir ou rouge représente le Mal.

Ils font mention de Saint Georges comme la survivance iconographique d’un des quatre chevaux  de l’Apocalypse: celle du Cavalier Fidèle et Vrai. Pour eux, une iconographie précise s’est mise en place dès le X° siècle pour représenter Saint Georges « en cavalier, voire en chevalier, monté sur un cheval blanc – figure qui apparaît dès le Xe siècle dans les peintures rupestres de Cappadoce – armé d’une lance ou d’une épée, vêtu d’un manteau le plus souvent rouge, flottant derrière lui, sont très proches du Cavalier Fidèle et Vrai. Sa bannière est à croix de gueule sur champ d’argent, c’est-à-dire blanche à croix rouge. » (p387)

Par la suite, Pierre et André Sauzeau précisent qu’il prendrait une nouvelle signification en Occident avec les Croisades: là encore, son rôle de « héros cavalier » est prédominant.

La question reste : les artistes contemporains ont-ils gardé toute cette symbolique dans les oeuvres des  XX° et XXI° siècles ?