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Saint Georges dans la peinture de Wassily Kandinsky

Saint Georges et le dragon, Wassily Kandinsky

Saint Georges et le dragon, Wassily Kandinsky

Wassily Kandinsky est considéré comme le père de le peinture abstraite dont il a été l’un des pionniers et aussi le premier théoricien. Ce peintre qui a tant marqué le XX siècle, a eu recours à l’image de Sainte Georges dans ses premiers tableaux qui étaient encore figuratifs. Il semble intéressant de savoir pour quels motifs Kandinsky fait appel à cette image et quels messages il veut véhiculer par ce biais.

Pour répondre à ces questions, commençons par lire l’article « Wassily Kandinsky » publié dans l’encyclopédie payante Universalis par l’historien d’art Jean-Paul Bouillon. Il nous apprend que Kandinsky, avant de se tourner vers la nouvelle peinture, peint des paysages mais aussi « des scènes de fantaisie inspirées en partie du Moyen Âge russe ou germanique ».

Les tableaux représentant Saint Georges font partie de ce deuxième style. En effet, l’identité russe du peintre l’influence considérablement dans ses choix iconographiques. Dans le dossier pédagogique mis en ligne par le Centre Pompidou à l’occasion d’une exposition Kandinsky, on lit que « Le folklore, les légendes, les contes, la peinture traditionnelle et surtout Moscou, qui est pour lui l’origine de l’âme russe, vont profondément marquer son œuvre ». Or la légende de Saint Georges est très présente dans l’art et la mentalité dans la Russie. Il s’agit du saint le plus populaire.

Le deuxième facteur pouvant expliquer l’usage de cette image par Kandinsky est l’héritage symboliste du peintre. L’article de Peg Weiss -historienne d’art et spécialiste mondiale de Kandinsky- « Kandinsky and the Symbolist Heritage », paru dans l’Art Journal en 1985, montre des liens directs entre les tableaux de Kandinsky et des représentations de Saint Georges de peintres symbolistes aujourd’hui un peu oubliés comme von Marées et Hodler. Il met également en évidence des liens indirects avec Puvis de Chavanne, Gustave Moreau, Burne-Jones and Walter Crane. L’auteur souligne aussi l’influence russe et analyse les transformations dans la manière de répresenter le saint. Enfin, elle établit un parallèle entre le mouvement artistique der Blaue Reiter (le Cavalier Bleu) dont Kandinsky est un membre actif et la symbolique de Saint Georges. Elle aborde l’aspect « chamaniste » et thérapeutique de la conception de l’art de Kandinsky. (Cet aspect est développé dans le livre de la même auteur Kandinsky and Old Russia)

Ce dernier aspect est très important dans le monde qui fait face à l’ombre de la grande guerre. Donald Kuspitt, professeur d’histoire de l’art et de philosophie à SUNY Stony Brook et Cornelle University parle de la peinture de Kandinsky avant la première guerre mondiale comme de « paysages apocalyptiques » qui sont déformés par la destruction tout en portant l’espoir de la rédemption. Selon cette interprétation Saint Georges serait associé au début à une figure d’un des cavaliers de l’apocalypse et sa représentation serait liée à une phase de dépression de Kandinsky.

Pour conclure, nous avons vu que le motif de Saint George était important dans la phase figurative de l’œuvre de Kandinsky parce qu’il évoque à la fois ses racines culturelles et nationales, ses influences artistique est son état d’esprit. Dans le danger montant en Europe à cette époque la figure de Saint Georges terrassant le dragon apparaît dans la peinture de Kandinsky comme l’espoir que la paix triomphera.

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